Grands noms de l’hypnose

Quelques figures marquantes de l’histoire de l’hypnose

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De nombreux documents anciens attestent de la naissance de l’hypnose en 4 000 avant Jésus Christ. C’est l’une des plus anciennes thérapies. Les Sumériens l’utilisaient comme outil thérapeutique. Des papyrus nous disent que des prêtres médecins demandaient aux malades de regarder fixement une pièce de métal brillante pour induire une transe hypnotique. Si nous devions énoncer la multitude de recherches, de faits historiques ou scientifiques qui jalonnent l’hypnose, un livre complet devrait être édité. C’est pourquoi je ne citerai que quelques figures marquantes de l’hypnose.

Franz Anton Mesmer (1734-1815)

L’histoire moderne de l’hypnose commence en Europe avec Franz Anton Mesmer, médecin allemand inventeur de la théorie du magnétisme animal. Il était convaincu qu’un fluide magnétique invisible rayonnait dans l’univers et que certaines maladies étaient dues à un déséquilibre de ce fluide dans l’organisme. Pour ramener l’équilibre il utilisa tout d’abord des aimants puis il parvint à la conclusion que le corps du soignant, lui-même imbibé de magnétisme, était apte à réorienter le fluide du patient sans utiliser les aimants. Son but était de déclencher des crises compulsives qu’il disait salutaires.

James Braid (1795-1860)

Médecin écossais du 19ème siècle, généraliste et chirurgie, James Braid n’adhéra pas au mesmérisme, il assimila l’état à un état voisin du sommeil et invente le terme hypnotisme. Par la fixation oculaire il constata une fatigue de certains centres cérébraux aboutissant au « sommeil nerveux ». Il est reconnu comme le premier médecin à avoir mis en lumière les mécanismes psychologiques de l’hypnose. Ce fut le début de l’analgésie et des opérations chirurgicales sous hypnose.

Charcot (1825-1893)

Neurologue, directeur de la Salpêtrière, Charcot approuva les travaux de James Braid dans les années 1880. Il y vit une intéressante méthode d’étude et de traitement de l’hystérie. Il pensait en effet, que l’hypnose correspondait à un état neuropathologique, caractéristique de l’hystérie et que la crise comportait 3 phases : léthargie, catalepsie* et somnambulisme. Il disait pouvoir ainsi induire ou supprimer les symptômes de conversion* par une suggestion post hypnotique.

Freud (1856-1939)

Ce célèbre psychanalyste est très fréquemment associé à l’hypnose. Pourtant, Freud l’abandonna très rapidement. Il travailla quelque temps avec Joseph Breuer sur les hystériques en convenant que leur souffrance était étroitement liée à des réminiscences refoulées dans l’inconscient. Il mit alors au point une méthode thérapeutique fondée sur la réactivation d’expériences éprouvantes sous hypnose. Hélas, se contentant de traiter simplement les symptômes, il constata que la disparition de l’un d’eux était suivie de l’apparition d’un symptôme substitutif. Il prit ce prétexte pour arrêter l’hypnose, en réalité, maîtrisant mal la technique, il se heurtait à la résistance du patient. De plus, il restait soucieux de défendre avant tout « l’or pur » de sa théorie psychanalytique. Notons qu’il n’a jamais cessé de mentionner l’hypnose dans ses ouvrages. Nombre de ses disciples le suivirent dans cette voie et l’utilisation de l’hypnose tombe un peu dans l’oubli. En fait les recherches expérimentales continuent un peu partout dans le monde.

Milton Erickson (1901-1980)

L’hypnose revient en force dans les années 30 aux Etats Unis, avec Milton Erickson. Psychiatre établi à Phoenix, il développa de nombreuses techniques thérapeutiques créatives et publia des quantités d’observation. Ceci permit de réhabilité l’hypnose en médecine et en psychothérapie. Il donna une nouvelle forme de relation entre l’hypnothérapeute et son patient. Plus d’autoritarisme et de directives, plus d’hypnothérapeute détendeur de la solution recherchée par le patient, mais un hypnothérapeute catalyseur de l’inconscient. C’est un guide conduisant le patient vers ses ressources intérieures, des ressources stockées dans ses aptitudes latentes, sa mémoire consciente et inconsciente, ses facultés inexploitées d’apprentissage.

* Catalepsie : perte momentanée de l’initiative motrice avec conservation des attitudes.
* Conversion : transposition d’un conflit psychique dans les symptômes somatiques